A Souillac, en Vallée de la Dordogne, il était une fois en 1975 un club local de l’Unesco présidé par le docteur Vizerie, qui organisait notamment des conférences.

Jean Calvel, célèbre présentateur du journal parlé national, résidant à Lanzac proposa que Sim Copans, son voisin lanzagais et animateur de plus de 4000 émissions sur les radios nationales sur les musiques américaines vienne parler d’une de ces passions : le jazz.

L'origine

Le 14 février de cette année 75, à la maternelle de Souillac, ce n’est pas moins de 200 personnes qui ont assisté à « De la côte des esclaves à la salle Pleyel », il n’en fallut pas plus pour que trois pionniers, Patrick Cazals, Jean-Pierre Rodrigo et Jean-Pierre Rohic réunissent une bande de copains (le charcutier, l’abbé, le restaurateur, le chef d’entreprise, …) pour lancer ce qui allait devenir le Festival de jazz.

La municipalité de Souillac a voté une petite subvention pour lancer l’aventure, son maire Jaurès Chaudru s’abstenant lors du vote !

Le premier 

Il eut lieu du 9 au 11 juillet 1976. Sur l’affiche la prudence a prévalu, il n’y avait pas de millésime ! y en aurait-il un 2e ? néanmoins sur le dépliant, un petit 1er précédait le mot festival !

Le vendredi, le festival accueillait le Swing Machine de Cahors et l’Old Time Jazz Band de Toulouse pour un concert sous la halle. A 18h30, les touristes et habitants eurent la surprise de voir déambuler les deux formations dans les rues de Souillac. Le lendemain, toujours sous la halle, c’était Michel Attenoux un des représentants du jazz populaire et le dimanche soir l’apothéose dans l’Eglise Sainte-Marie pour une double soirée avec Memphis Slim chanteur de blues et Mary Knight, chanteuse de gospel songs.

Les sources du jazz étaient « posées » par Sim Copans. Encore un des rares festivals de jazz à cette époque, ce fut une grande réussite qui encouragea l’association à proposer une 2e édition l’année suivante.

Edito 

Sim Copans en édito du premier dépliant du festival écrivait :

« Le jazz, né de la rencontre de deux cultures – celle de l’Afrique et celle de l’Occident – est libre, sincère, populaire. Aucune autre musique ne favorise autant la liberté d’expression des musiciens que ces rythmes et ces sonorités inventées par des descendants d’esclaves. Comment mettre en doute sa sincérité puisque, dès l’origine, les interprètes du jazz, créateurs spontanés, en étaient aussi les compositeurs. C’est dans sa musique que le noir américain a écrit son histoire. Populaire enfin, le jazz, né dans le peuple, est bientôt devenu la plus internationale des musiques, provoquant l’admiration de grands musiciens comme Darius Milhaud, Maurice Ravel, Igor Stravinsky. Le dernier concert du Festival de Souillac, vrai retour aux sources du jazz avec le Blues et les Gospel Songs, aura lieu dans le cadre majestueux de l’Abbatiale Sainte-Marie, ce chef d’œuvre du XIIe siècle. »

La petite aventure comme la qualifiait Sim était lancée. Le festival au fil du temps prit de l’importance soutenu par ses partenaires publics comme privés sous l’impulsion de ses présidents Jean Calvel, Jean-Pierre Bailles, Sim Copans et diversifia ses activités : stages musicaux avec les plus grands instructeurs / musiciens (Richard Galliano alors inconnu, Christiane Legrand, Jean-Claude Fohrenbach, …), animation des rues et places, stage de danse, repas louisianais … jusqu’à aujourd’hui avec des tables-rondes, conférences, films, ateliers enfants, randonnée, pique-nique … Depuis 1985, l’Association pour le festival de jazz de Souillac, riche d’une soixantaine de bénévoles, porte le nom de Sim Copans et le festival a pris l’enseigne de « Souillac en jazz » en 1991. En 2000, année de la disparition de Sim Copans, les concerts ont lieu dans un écrin magique, devant l’Abbaye, place Pierre Betz.

Ensuite...

Au fur et à mesure, l’Association a fédéré des acteurs locaux (bibliothèque municipale, cinéma, Les Amis des Sentiers souillagais, Les Amis de l’orgue de l’église Sainte-Marie, le Comité des fêtes, les Grottes de Lacave …) et des communes voisines comme Pinsac, Lachapelle-Auzac ou Lacave. L’Association développe depuis 2 ans un autre projet complémentaire « Le Jazz dans la Vallée » qui permet d’animer hors saison le pays et de venir à la rencontre des populations rurales et des jeunes comme ce sera le cas au cours du dernier trimestre de 2013 au travers d’ateliers jazz regroupant des élèves des écoles de musique de la vallée.

A Souillac, en Vallée de la Dordogne, il est un festival en 2016, qui grâce à son public fidèle, ses partenaires, ses bénévoles, propose ses 40 ans.

Robert Peyrillou, directeur artistique depuis 1986 et président depuis 2000.