Et en famille...

Lotois d’adoption, avec nos deux jeunes enfants (3 ans et 21 mois), nous nous sommes lancé un défi : partir en week-end depuis la maison en VELO ! La région est riche de jolis villages et paysages, pas besoin de chercher le dépaysement plus loin. Nous avions l’embarras du choix pour la direction à prendre mais une seule contrainte : nous devons chacun tracter une remorque chargée de marmaille ou de bagages soit 30 à 40 kg. Nous avons privilégié des routes peu fréquentées avec un faible dénivelé lorsque c’est possible. Nous avons donc décidé de suivre le fil de l’eau… la Bave puis La DORDOGNE !

Km 0 : En route la petite troupe !

L’aventure commence depuis les hauteurs de Saint-Céré. Nous sommes très vite descendus dans le centre-ville. Plusieurs petites ruelles longent les canaux de cette petite Petite Venise. Puis nous suivons la Bave où un héron cendré, posé sur la berge, guète son petit-déjeuner. Quelques faux-plats, on avance bien mais la circulation nous incommode sur les premiers kilomètres (D673 et D30). Très vite, quelques panneaux annoncent de « beaux vieux tas de pierre » et on peut profiter de belles « cartes postales » : d’abord le Château de Montal, puis quelques kilomètres plus loin le Château de Castelnau à Prudhomat. Nous résistons à l’envie d’aller jusqu’à Autoire puis Loubressac qui est bien trop perché pour nous.

Km 13 : Dordogne à tribord !

Cap sur Carennac ! Cinq kilomètres avant, en sortant d’un virage, nous rejoignons enfin la Dordogne , elle sera maintenant notre guide. A vélo, nous sommes plus proches d’elle. Elle en impose, son niveau est assez haut, elle nous apparaît plus sauvage qu’en voiture. Pour distraire les enfants, nous guettons chacune de ses petites îles. Cette partie de la route est régulièrement ombragée, mais malheureusement pour nous, la pluie s’invite et le feuillage des arbres n’est pas assez épais pour nous abriter. On improvise donc un premier goûter à Gintrac. Un vieux hangar nous sert d’abri et un petit groupe de motards un peu perdu se joint à nous ! On se sèche, on discute et on sort les cartes… Dès la première éclaircie, chacun repart de son côté, sur sa bécane , en se souhaitant bonne route.

 

Km 18 : Qu’allions-nous faire dans cette galère ?

Carennac n’est plus très loin. Cela grimpe un peu sur le dernier kilomètre. Très vite, on rejoint le cœur du village et son magnifique Prieuré. On y fait une entrée triomphale, tout un groupe de papis et mamies s’extasient. En repartant, première galère … le petit pont à traverser est bloqué par des travaux. Détour proposé de plus de 10 km ! Tant pis, tout le monde met pied à terre et nous descendons dans le bas du village pour contourner l’obstacle en suivant la rive !  En mode free-ride, on s’offre la descente d’un escalier avec nos attelages puis la remontée par un petit chemin plein de cailloux ! Les enfants en ont profité pour se dégourdir les jambes en suivant les canards. Après 15 minutes d’efforts et aucune casse, on remonte en selle et direction Floirac par la D43.

Km 19 : Que le pestacle commence…
Quelques éclaircies illuminent enfin le paysage, les enfants font une première sieste et la magie opère ! La route ondule à travers les prés, la rivière joue à cache-cache avec nous. On découvre quelques vieilles bicoques pleines de charme et cela nous donne envie d’investir dans la vieille pierre. Une première côte sérieuse interrompt nos rêveries et nous découvrons Mézel. Des falaises apparaissent.

Peu après, à Pontou, le pont Miret, suspendu et en bois, s’élance et enjambe la Dordogne. A chaque véhicule qui passe, il ondule et claque. Allez, on y va nous aussi ! Décollage immédiat !

On rejoint la D840 et on traverse la Dordogne sur le majestueux pont de Gluges avec, à ses pieds, encore une très belle plage mais pas le temps de s’arrêter, on file sur la D43 ! Quelques centaines de mètres plus loin, on fait un petit arrêt dans le village pour voir la façade de la belle chapelle Saint-Pierre es Lien. Puis nous nous attaquons à la falaise sous les premières gouttes de pluie Une étonnante ascension nous attend ! Nous n’avons jamais été aussi prêt de la berge et sous la roche. Elle aurait pu nous servir d’abri mais l’eau en ruissèle ! Nous nous élevons petit à petit. La route, très étroite, est collée à la paroi, impossible pour les rares véhicules derrière nous de doubler. Nous nous arrêtons, de temps en temps, pour les laisser passer et là le paysage s’offre à nous : nous sommes au-dessus d’une canopée de noyers surplombée par les rochers ! Au loin plusieurs rideaux de pluies se dessinent.

Km 34 : Le ciel nous tombe sur la tête !

Enchanté par le paysage, la pluie nous ramène à la réalité. Une petite descente et nous rejoignons Creysse en empruntant le D 23 puis la petite route, bien plate et reposante, qui  longe la station expérimentale de la Noix (Pérical). Nous sommes trempés, même les enfants pourtant protégés dans la remorque, ont les pieds dans l’eau. Leurs doudous sont secs, c’est le principal ! Nous mettons pied à terre sous la très belle Halle, les enfants goûtent et jouent au sec. La réserve de gâteaux fond ...

Km 41 : Ça part en sucette !

Prochaines étapes Saint-Sozy (D114) et Meyronne (D15) où la vallée de la Dordogne s’élargit encore. Nous découvrons de nouvelles belles demeures, des élevages de palmipèdes mais il est de plus en plus difficile d’avancer. Ça commence à se chamailler à l’arrière, il est temps de trouver le gîte et le couvert. Ne connaissant pas notre progression, nous n’avions rien réservé, c’était un peu risqué ! Finalement nos recherches nous ramènent à Creysse pour y passer la nuit !

Km : 46 Après la pluie le beau temps

Après une douche bien chaude, nous visitons le village au crépuscule. Nous nous perdons dans les ruelles, suivons un sentier et nous faufilons entre de belles bâtisses. Sur un éperon rocheux, nous attend une très belle église avec des absides jumelées ! Puis de ce promontoire, le soleil si cachotier dans la journée nous récompense d’un magnifique spectacle. Le soir nous avons bien mérité un bon repas : le magret de canard et le gâteau aux noix s’imposent ! On a faim ! Ensuite, le marchand de sable ne met pas longtemps à passer !

Zzzzz ! Zzzzzzzzzzzz !

Après une bonne nuit de sommeil, nous avons la surprise, en ouvrant nos volets, de découvrir les étals des brocanteurs du dimanche ! Nous ne repartons donc pas discrètement du village !

Aujourd’hui, nous remonterons la Dordogne pour renter à la maison, nous allons redécouvrir les paysages de la veille sous les éclaircies car la météo est prometteuse…. Un peu courbatus, il nous faut quelques minutes d’échauffement avant de pouvoir poser nos fesses sur la selle. A l’arrière, les enfants et les doudous sont de bonne humeur, la journée commence bien !

Km : 49 Dans la famille Boulet, je veux le…

Et là encore, cette aventure s’est révélée pleine d’imprévus ! Le responsable de la logistique n’a pas jugé bon de prendre du matériel de réparation… Il reste encore 35 km à parcourir et la roue d’une remorque passe sur une branche de rosier… Pschitt ! Pour ménager la jante, nous avons mis pied à terre et les enfants ont poussé la remorque ! Puis dans la descente vers Gluges, le long de la falaise, notre fille ainée est allée dans la remorque à bagages et y a récolté son meilleur souvenir de notre week-end : descendre le long de la Dordogne, les cheveux au vent et des gouttes d’eau tombant de la Falaise dans son cou ! Moi je l’entends encore rire… 

Km 53 : Epilogue

Pour rentrer, nous avons réussi à contacter Serge, notre voisin, un cœur en or, qui est venu nous chercher avec sa vieille 205 équipée d’une grande remorque. Fin de l’aventure !

Ce week-end s’est révélé pleins d’imprévus ! En quelques tours de roue, 46 km en tout, nous avons découvert une vallée que nous sillonnons pourtant chaque semaine en voiture ! La météo et nos enfants ont rajouté un peu de piment à l’aventure ! Surtout, l’envie de nouvelles expéditions dans la Vallée de la Dordogne ne nous quitte plus !

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