Branceilles est situé à l’extrême sud du département de la Corrèze, dans le canton de Meyssac, aux confins du Haut Quercy et du Bas Limousin. Le village primitif, celte et galloromain, était implanté au lieu-dit Saint-Martin. Certainement la population s’est-elle déplacée vers le XIe siècle : le choeur roman de l’église en témoigne. L’histoire du village a été retracée dans un livre de Colette Laussac intitulé : L’Histoire de Mon Pays Dans La Vicomté, Branceilles, éditions du ver Luisant.


Mais ce qui fait la richesse du pays est le vignoble dont la première récolte, excellente, fut le millésime 1990. En effet, les agriculteurs ont renoué avec une vieille tradition remontant au XIXe siècle. A ce moment-là, la vigne couvrait 500 hectares sur les 1000 environ que compte la commune ! Et puis, est venu le phylloxéra, une véritable calamité qui a détruit la totalité du vignoble et provoqué l’exode vers les villes.
Cependant, ce pays était aimé des dieux. Au début du XXe siècle, la vigne, éradiquée, a été remplacée par un produit plus prestigieux encore, l’or noir, qui parfume si agréablement chapons et omelettes. Dans les années 1904, avait lieu à Branceilles un marché où se cavait plus de deux tonnes de truffes par an ! Peut-être à cause du manque de bras, la récolte a commencé à diminuer dans les années 1930 pour disparaître complètement après la deuxième guerre mondiale. Depuis une dizaine d’années, quelques agriculteurs tentent de nouveau l’aventure en renouvelant les chênes truffiers. Ils replantent également des noyers - culture traditionnelle dans notre région - pour produire de la noix fraîche. Depuis 2002, Branceilles se trouve sur la Route de la noix.

Construites en pierres à l’époque faste où vin et truffes assuraient la richesse de la contrée, les maisons comportent pour la plupart trois étages : la cave, l’habitation elle-même et le grenier. Des ceps noueux d’herbremont s’étendent en tonnelles sur les balcons, s’accrochent aux granges et les petites roses sauvages forment de jolies grappes rouges qui tranchent sur le blanc de la pierre.
Branceilles est l’endroit rêvé pour les amoureux de la nature. Le chemin de randonnée de 15 km se trouve répertorié dans le guide « Pays côté chemins. Autour de Beaulieu, Beynat, Meyssac », éditions Chamina. Il conduit le promeneur au milieu d’un paysage de collines et de vallons doux au regard. De Grèze à Ferrand, il traverse en partie les trente hectares de vigne qui ont été replantés voila une quinzaine d’années. Ici, se ressent l’influence du Quercy. Le sol est calcaire, partout courent des murets de pierre sèche et de jeunes truffières commencent à produire.
Lors de sa balade, le visiteur peut encore découvrir de nombreux fours à pain dont celui de Crauffon, restauré par une association dynamique ; des maisons à pigeonnier avec de belles portes cintrées et de belles croix ; le hameau du Perrier et son « château », grande demeure bourgeoise du début du XIXe siècle ; le lavoir de Saint-Martin situé sous une avancée rocheuse est alimenté par une source. On y allait autrefois en procession, car cette eau avait le pouvoir d’apporter la pluie lorsque sévissait la sécheresse.
Au retour de sa promenade, le visiteur peut faire une halte à la cave coopérative où il goûtera le vin de Mille et Une Pierres à la saveur fruitée. Il peut aussi, selon la saison, partager avec les habitants la galette des rois ou sauter le feu de la Saint-Jean. Aux portes ouvertes du 1er mai, il dégustera le Mille et Une Pierres et visitera l’exposition d’artisanat, de peinture et de généalogie. Au mois d’août, il participera à la Foulée du vignoble, course à pied de dix kilomètres.
Ceux qui s’installent à Branceilles peuvent, s’ils le souhaitent, prendre des cours de gymnastique, faire du footing ou de la marche animés par les bénévoles du Foyer Rural, participer au repas des chasseurs et à la soirée concert du 14 août animée par la fanfare Branceillaise vieille de plus d’un siècle : cette dernière forme ses musiciens grâce à une école de musique. La palette des activités est grande. Elle témoigne d’un art de vivre et de la vitalité de ses habitants.