Une abbaye clunisienne au rayonnement historique
Eglise Saint-Pierre - @ Malika Turin

Visiter Beaulieu-sur-Dordogne : L'Abbatiale et le Tympan

L’abbatiale Saint-Pierre

L’abbatiale de Beaulieu était l’église de la célèbre abbaye bénédictine fondée au milieu du IXè siècle puis reconstruite au cours du XIIe siècle. Elle demeure avec la salle capitulaire (actuelle sacristie), le seul vestige de ce grand et prospère monastère du Moyen Age.

Elle se rattache par son style à la simplicité et à l’austérité des églises clunisiennes. L' abbaye fut rattachée à Cluny de 1095 à 1213 et Beaulieu fait aujourd'hui partie de la fédération des sites clunisiens. 

 

La première abbaye carolingienne

En 823, Rodolphe de Turenne, deuxième du nom, fut admis aux ordres sacrés. Quelque temps plus tard, alors en visite sur ses terres natales, il se sentit  ému par la beauté des lieux et le cours puissant de la Dordogne. Il décida d’y  fonder  un monastère. C’est ainsi qu’aux confins de la Vicomté de Turenne vint s’établir un haut lieu de civilisation, de protection et de prière : l’abbaye de Beaulieu.

Le Trésor de l’abbatiale exposé dans le transept nord, comprend, entre autres, une Vierge à l’Enfant en argent du XIIe siècle et une châsse en émail champlevé. Le chevet de l’abbatiale, place des Pères (ancien cimetière des moines), présente une grande harmonie.     

Infos pratiques : l’abbatiale est ouverte de 9h à 19h. Une tablette tactile fixe et à disposition des visiteurs dans le bras sud du transept (infos historiques, architecturales, campagnes de restauration,…) - Accès personnes à mobilité réduite rue Poulbrière.              

Le tympan et le message spirituel de l’abbatiale

Beaulieu est un témoignage fort de la foi chrétienne du XIIè siècle. Alors que de nombreux tympans présentent le Jugement Dernier, le tympan de Beaulieu est une magnifique sculpture du Christ ressuscité embrassant dans ses bras étendus l’ensemble de l’humanité.

Le portail étant situé au Sud, le Christ ouvre ses bras d’Est en Ouest. Autour de lui sont groupés les apôtres, expression du Nouveau Testament. Dans la voussure Ouest, un prophète à la barbe bifide et au bonnet phrygien représente l’Ancien Testament.

Cette vision céleste est séparée par une légère volute du monde terrestre où circulent sept individus. Trois d’entre eux soulèvent leur tunique : ce sont des juifs montrant au Sauveur leur circoncision. Ils sont trois et symbolisent ainsi le peuple de Dieu. Les quatre individus restant représentent l’ensemble de l’humanité car quatre en symbolique est le chiffre de l’universalité terrestre.

Il y a aussi 5 individus qui sortent du tombeau, indiquant leur conversion. Cinq en symbolique est un chiffre indiquant la sainteté humaine.

Ainsi au total ce sont 12 individus qui ensemble, signifient que Juifs ou non-Juifs, justes et pêcheurs convertis, tous les hommes sont appelés au salut christique.

A ce tableau du Bien vient s’ajouter un deuxième étage où quatre monstres , des êtres maléfiques, happent deux individus. Deux étant le chiffre de l’homme, le symbole est clair : le choix entre le salut chrétien…ou l’enfer.

La cité médiévale, la rue Sainte-Catherine

Le boulevard circulaire Rodolphe de Turenne entoure la vieille ville et permet d’avoir une vue d’ensemble des anciens remparts. En passant la porte Sainte-Catherine on en remarque l’épaisseur, d’environ 2 mètres. La très ancienne rue Sainte-Catherine abrite de remarquables bâtiments tels que la Tour Renaissance, la Tour Sainte-Catherine, l’ancienne demeure des abbés Bouyssonie, découvreurs du squelette de l’Homme de Neandertal de La Chapelle-aux-Saints, d’admirables maisons à colombages, pans de bois et encorbellements, et un puits dont les vestiges ont été découverts lors du repavage de la rue.

La place de la Bridolle et la Maison Renaissance

Sur la place de la Bridolle se dresse la Maison Renaissance qui porte en réemploi sur sa façade de remarquables sculptures dont on ignore la provenance exacte. Dans une impasse à gauche de la Maison Renaissance se trouve le dernier exemplaire médiéval conservé du blason de Beaulieu datant du XIVe siècle.