Le village de Curemonte a pour origine un habitat gallo-romain. Il était vraissemblablement situé au niveau de l'actuelle église romane Saint Hilaire de la Combe au centre du village médiéval primitif.
Le site, sur son arrête rocheuse, tient une position stratégique et défensive. Aujourd'hui  avec sa magnifique halle, ses 7 maisons nobles, ses 3 châteaux, ses 3 églises et ses 3 fontaines, ce village mérite vraiment le détour. 

Première mention écrite en 860

La première mention écrite faite de Curemonte date de 860, dans un cartulaire de l’Abbaye de Beaulieu-sur-Dordogne.
Le cartulaire mentionne le don d'un domaine dit de Saint Genest et d'une vigne de Curemonte à l'Abbaye fait par Rodolphe de Turenne, archevêque de Bourges, et fondateur de ladite Abbaye.
C’est au XIè siècle que le village prend son essor. Curemonte appartient alors à la très indépendante Vicomté de Turenne, qui bénéficie d'avantages fiscaux et d'une certaine liberté d'action par rapport au royaume de France.

Trois évènements de l’histoire ont marqué la vie du village :

  • La Première Croisade en 1096, à laquelle Raymond de Curemonte participa au côté de son suzerain le vicomte de Turenne, sous la bannière du comte de Toulouse.
  • La Guerre de Cent Ans ravagea toute la contrée, les Curemonte sont en charge de la défense de leur territoire. Il semblerait que la fondation du Château de Saint Hilaire soit due à l'aide des subsides du Roi d'Angleterre.
    Ce château avec son corps de logis date de la fin du XIVè siècle. Remarquable par ses deux tours carrées à mâchicoulis.
  • La Guerre des Biens Publics sous Louis XI, vers 1465.
    En représailles, le Roi Louis XI, détruira le village primitif de La Combe (et son château), ancien noyau de peuplement curemontois. Seule l'église Saint Hilaire de La Combe, sera épargnée, par peur de l'excommunication.

 

Trois grandes familles se sont partagées le pouvoir du village :

Les Curemonte, les Cardaillac et les Plas.

A la Révolution, Curemonte, est une cité très peuplée, chef-lieu de canton. Le village a, comme beaucoup de villages français, souffert de l'exode rural et du conflit de la Première Guerre Mondiale : de 1200 habitants au début du 20ème siècle, 750 en 1914 et maintenant, il ne compte plus que 216 habitants.
Aujourd’hui, le village recense un riche patrimoine bâti : une magnifique halle, 7 maisons nobles, 3 châteaux, 3 églises, 3 fontaines. 

Trois châteaux

Dès l’époque de Raymond de Curemonte, qui prit part à la première croisade en 1095, le site castral s’organise en co-seigneurie. Six tours témoignent alors de la présence de seigneurs unis pour défendre le village. A ces tours s’ajoutent des corps de logis. Puis, dans l’enceinte fortifiée, les châteaux de Saint Hilaire et de Plas, du nom des familles du même nom, sont successivement érigés l’un à côté de l’autre aux XIVè et XVè siècle.
Par ailleurs, dans le bas du bourg, près de la halle, le château de la Johannie construit au XIVè siècle par les Jean ou Johan passe par mariage à la famille Vassal puis par héritage à la famille propriétaire de Plas.

Les Plas, restés seuls seigneurs du village quittent Curemonte en 1829 après près de huit siècles de présence dans leur “fief”. La Révolution ayant tari leurs revenus, ils sont obligés de vendre leurs biens. Les trois châteaux tombent en ruine.
Aujourd’hui, grâce à leurs propriétaires, ils sont restaurés et participent à la beauté du profil de Curemonte.

L’écrivain Colette a trouvé refuge à Curemonte, chez sa fille Bel Gazou, durant la seconde guerre mondiale. Elle écrira une partie du ‘Journal à Rebours’- livre autobiographique. Son mari Henry de Jouvenel avait acquis les châteaux des Plas et de Saint Hilaire entre les deux guerres.

Trois Églises

Dans le bourg, Saint-Barthélemy, patron de Curemonte, fut construite au XIIé siècle. Au fil du temps elle fut agrandie des croisillons nord et sud, d'une chapelle, d'une sacristie. Au XVIIè, elle fut ornée d'un retable en bois peint. Entièrement restaurée par les Amis de Curemonte, l’église a retrouvé sa polychromie d'origine.

L'église Saint-Hilaire (entièrement restaurée) située à La Combe a gardé sa structure romane d'origine et des chapiteaux ornés qui ajoutent encore à son charme. Des expositions y sont organisées chaque été.

Saint Genest, du XIIè (entièrement restaurée). Les peintures murales du XVè ont été remises à jour et en particulier un ange peseur d'âme et une litre (large bande noire peinte à l'occasion de funérailles).