© Village De Cajarc | Christophe Bouthe Agence Vent Dautan

À vous Cajarc !

Cajarc est une commune française du Grand Sud-Ouest, située dans le département du Lot, en région Occitanie. Cette ancienne cité médiévale, nichée au cœur du Parc naturel régional des Causses du Quercy et reconnue Site Remarquable du Goût pour sa culture du safran, a surtout été rendue célèbre par le sketch du Schmilblick de Coluche, avec son légendaire Papy Mougeot. Elle vit aussi naître la romancière Françoise Sagan, et fut le lieu de villégiature préféré du président Georges Pompidou. Enfin, depuis 1999, chaque été, elle accueille le très prisé festival des cultures africaines, Africajarc.

Cajarc, la résidence des célébrités

Sur les rives du Lot

Je peux m’enorgueillir d’avoir séduit un grand chef d’État dont les origines lorgnaient pourtant bien au-delà de mes si beaux causses.

De son côté, la petite Françoise Quoirez, avant d’être célèbre, m’était déjà fidèle depuis sa plus tendre enfance. Ses excentricités ? Elles ne me déplaisaient pas, surtout quand il s’agissait de fêter nos retrouvailles à grand renfort de folles arrivées, tout klaxon hurlant et mèche blonde au vent ! Dans ces moments de joie, il n’était alors pas question de se saluer d’un mélancolique Bonjour tristesse !

Et puis il y a cet inimitable comique, drapé dans sa sempiternelle salopette rayée, qui lui aussi a su joliment égayer mon quotidien

Bon, j’avoue avoir été surprise lorsqu’il m’a située là où je ne suis pas, mais je ne remercierai jamais assez le destin d’avoir conduit ce fieffé bout en train jusqu’à moi, pour le meilleur et pour la rigolade ! Et dire que tout cela n’a visiblement tenu qu’à son indéfectible penchant pour les rencontres de bistrot chaleureuses !

Alors oui, j’aurais pu paraître un peu godiche à l’écouter « schmilblicker », mais parlerait-on encore autant de moi aujourd’hui si je ne m’étais pas prise au jeu, et n’avais pas eu l’heureuse obligeance de laisser s’exprimer, entre autres, ce sacré Papy Mougeot ?

Je suis, je suis… Cajarc, une tranquille petite ville du Lot – qu’on se le dise ! -, qui séduit le beau monde, sans pour autant fanfaronner, et surtout, qui n’oublie jamais de prendre la vie du bon côté !

Sur les traces de Papy Mougeot

« Eh bien, bonjour, le Schmilblick est aujourd’hui à Cajarc, petite ville de l’Aveyron » …

Nous sommes en 1975, et cette phrase, qui lance la mythique parodie du Schmilblick, va devenir culte. Pourtant, une erreur de taille s’y est glissée, et elle fait encore beaucoup parler ! En effet, n’en déplaise à Coluche, l’auteur du célébrissime sketch, Cajarc est une cité irrévocablement lotoise, et sûrement pas aveyronnaise ! Mais alors, comment ce cher monsieur Colucci a-t-il pu commettre une telle bévue ?

Tout simplement à la suite d’un malencontreux petit cafouillage géographique ! Il faut dire que l’Aveyron, où résidait occasionnellement l’humoriste à cette époque, n’est qu’à quelques encablures, juste de l’autre côté de la rivière, au niveau de Salvagnac-Cajarc. Lorsqu’il rejoignait Cajarc, où il avait ses habitudes de bon vivant, Coluche traversait le pont suspendu reliant les deux villes. Or, peut-être n’y a-t-il jamais prêté attention, mais c’est au milieu de l’ouvrage que l’on avait choisi de marquer la limite entre les départements de l’Aveyron et du Lot.

Certes, Cajarc aurait pu s’offusquer de cette maladresse, mais elle n’est pas de ces impétueuses qui se vexent à tout bout de champ. Loin d’être rancunière, et surtout pas peu fière qu’un amuseur de cette trempe lui ait insufflé une telle énergie positive, elle n’a pas hésité à baptiser une avenue au nom de son comique fétiche, celle-là même que ce dernier empruntait pour rejoindre son QG de bonne humeur, le bien nommé café Chez Moulino. C’est d’ailleurs là qu’il a visiblement trouvé moult inspiration !

Évidemment, personne n’a oublié cet obstiné monsieur Moulinot, avec son T final pour la scène, et ses fameux articles de pêche ! Un drôle d’énergumène qui n’engendrait pas la morosité ! Cependant, à l’applaudimètre, il n’est jamais parvenu à voler la vedette à celui qu’on ne présente plus : l’impayable Papy Mougeot ! Et si, avec la meilleure volonté du monde, le tremblotant petit bonhomme aux baragouinages hilarants n’a jamais réussi à faire avancer le Schmilbilibilibilick, il a suscité tellement de fous rires, qu’il est devenu indétrônable dans le cœur de tout un chacun, et reste l’attachante mascotte de la ville.

Même les pèlerins qui croisent par là, sur la via Podiensis du chemin du Compostelle, n’oublient jamais d’avoir une petite pensée pour ce truculent personnage totalement inventé, qui ferait presque oublier que d’autres célébrités, bien réelles celles-ci, ont, elles aussi, contribué à la renommée de Cajarc

Cajarc, Françoise Sagan et sa bande !

Il était pourtant du Cantal, mais c’est dans une bergerie restaurée du Lot, à Cajarc, que Georges Pompidou aimait venir se ressourcer avec sa femme Claude, lorsque ses hautes responsabilités parisiennes lui laissaient quelques rares moments pour souffler. Heureux de se fondre dans la normalité d’une petite ville de province, il s’y était investi en tant que conseiller municipal, lors de son mandat de Premier ministre. Une fois promu président de la République, en 1969, il abandonna nécessairement cette fonction, mais jamais Cajarc, dont il apprécia le calme et l’authenticité jusqu’au bout, louant sûrement ce jour où, par l’entremise indirecte d’une certaine Françoise Sagan, il découvrit ce cocon de sérénité…

Bonjour allégresse !

Eh oui, qui l’eut cru de la part d’une femme que l’on aurait plus volontiers imaginée attirée par les fêtes débridées tropéziennes, plutôt que par la langueur des soirées lotoises ! Pourtant, c’est effectivement dans ce paisible petit coin du Quercy, là où elle vit le jour en 1935, que l’exubérante romancière aimait se poser, loin du tumulte de la notoriété.

Tandis qu’ailleurs elle brûlait la vie, entre frasques et bravades, ici, elle la savourait, au naturel, bercée par les souvenirs heureux et rassurants de son enfance. Bien sûr, quelques illustres personnages l’accompagnaient souvent, mais comme par enchantement, eux aussi succombaient vite au luxe de la simplicité. Il n’était alors plus question de s’exhiber. Et quand bien même ce petit monde s’y serait essayé, il n’aurait pas eu grand public !

Alors c’est vrai, les Cajarcois ont croisé des artistes et romanciers très en vogue, une poignée de stars hollywoodiennes également, et même un François Mitterrand en goguette ! Mais finalement, la seule qui retenait vraiment toute leur attention, c’était l’enfant du pays, la petite Françoise Quoirez, surnommée Kiki, pour eux, les intimes, Sagan, ou le « charmant petit monstre » pour les autres.

Et aujourd’hui encore, quand il n’est pas question du phénomène Papy Mougeot, c’est forcément à elle qu’ils pensent, surtout en croisant par le 45, boulevard du Tour de Ville, derrière lequel se dissimule aussi l’autre visage de Cajarc

Une cité médiévale à fleur de Lot

La première maison fortifiée de l’époque gallo-romaine, posée non loin de la rivière providentielle, s’est bien vite muée en un vaste village pour devenir, au Moyen-Âge, et grâce au commerce fluvial du bois et du vin, une ville riche et prospère.

L’une des villes les plus importantes du département et parmi les mieux défendues ! Elle était ainsi entièrement cernée d’imposantes murailles et protégée par de profonds fossés en eau – dont il ne reste plus aucune trace aujourd’hui. Il faut dire que pendant les guerres de Religion, son penchant pour la Réforme ne lui fut pas pardonné, et Richelieu s’appliqua à démanteler ses remparts qui, quelques siècles plus tard, refirent surface sous une forme beaucoup plus aimable…

Au XIXᵉ siècle, Cajarc redevient une ville extrêmement florissante, grâce à l’exploitation de ses carrières de phosphate. L’engrais qu’elle en extrait est exporté partout dans le monde, relançant ainsi l’activité de son port.

Pendant près d’un demi-siècle, le ballet incessant des gabares sur le Lot va contribuer à l’enrichir et à lui donner des envies d’embellissements. De très belles demeures bourgeoises s’élèvent alors en lieu et place de ses anciennes fortifications moyenâgeuses, venant élégamment habiller un boulevard circulaire planté de vénérables platanes et désormais baptisé Tour de Ville. L’une de ces cossues bâtisses fut justement celle de Françoise Sagan et sa famille.

Pour retrouver la Maison Quoirez, un petit détour par l’office du tourisme s’impose – histoire aussi d’admirer le cadre singulier du lieu situé au sein d’une ancienne chapelle – et d’en savoir plus sur Cajarc, au-delà de son étiquette un peu « people ». En effet, il suffit de s’aventurer dans les ruelles étroites de son centre, là où bat le cœur médiéval, pour comprendre que l’attrait de cette ville n’a rien de superficiel. Et s’il est indéniable qu’elle peut se prévaloir d’un riche patrimoine architectural, ce n’est assurément pas son unique point fort…

Entre tourisme léger et ferveur africaine

Venir à Cajarc, c’est avant tout s’offrir une délicieuse et réconfortante pause détente. Ainsi, on apprécie de se prélasser au bord de son immense plan d’eau, propice à toutes les activités nautiques.

Les amateurs de randonnée se plaisent aussi à arpenter ses nombreux sentiers. Profiter du point de vue depuis les causses, débusquer quelques rafraîchissantes curiosités comme la capricieuse cascade de la Caunhe avant de, peut-être, s’imaginer enfourcher un VTT. Eh oui ! On gagne facilement l’Aveyron tout proche. S’imprégner de la légende du saut de la Mounine ou se mirer dans les eaux bleu turquoise du gouffre de Lantouy

Et puis il y a les amoureux des vieilles pierres qui, de jour comme de nuit, prennent plaisir à déambuler tranquillement dans les « vieux quartiers », au milieu d’un harmonieux patchwork de bâtiments multiséculaires : la maison des Hébrardie, datant du XIIIᵉ siècle qui n’est autre que le point d’origine de la cité, l’ancien palais des seigneurs protecteurs et les Hébrard de Saint-Sulpice.

Alors finalement, Cajarc ne se résumerait-elle qu’à une placide petite bourgade au cadre merveilleusement reposant, et à l’atmosphère bon enfant ?

N’en soyez pas si sûr car, tout comme elle a su parfaitement composer avec le trio improbable et complètement décalé, « Sagan-Pompidou-Coluche », d’un coup, elle est capable de brouiller les pistes, mélanger les genres, et forcément surprendre là où on l’attend le moins !

Ainsi, entre le classique salon de la BD « prend l’air », en septembre, et l’épicée fête du safran, en octobre, célébrant son appartenance au très prisé label Site Remarquable du Goût, Cajarc se met à bouger comme jamais en juillet, au rythme de l’endiablé Africajarc.

Pendant 4 jours, chaque année depuis 1999, elle convie des milliers de festivaliers à un voyage lointain, tout autant que surprenant, dans l’univers joyeux des cultures africaines. Avec cet événement incontournable, la sage cité s’offre une douce folie passagère, qui n’aurait sûrement pas été pour déplaire à la fantasque petite Quoirez !

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