Description
Habiter l'écart pour réactiver l'enchantement
Je considère le paysage comme un espace de contemplation autant qu'un territoire intérieur. Mon travail naît de cette oscillation constante entre ce que je vois et ce que je ressens, entre la présence du monde et les résonances qu'il éveille en moi
Cette exposition s'est construite à partir d'une sensation d'ampleur : celle de l'espace, de la profondeur, de l'horizon et de la mémoire. Pourtant, la ligne d'horizon s’efface. J'ai choisi de l'écarter pour ouvrir le regard, pour libérer l'espace de ses repères habituels et laisser émerger une perception plus sensible, plus intuitive
Mes compositions se développent par assemblages de formes découpées. Je travaille les contrastes entre les zones vides et les zones pleines, les équilibres fragiles entre présence et absence, tension et respiration. Le vide n'est pas un manque ; il est un espace actif, un lieu de circulation pour le regard et la pensée. La découpe occupe une place essentielle dans ma pratique. J'aime sa double nature : sa souplesse et sa radicalité. Un geste simple peut à la fois séparer et relier, interrompre et révéler. Les formes ainsi créées dialoguent entre elles, s'organisent librement, composant
un paysage fragmenté, flottant où la fluidité demeure toujours présente
L’eau, la nature, les formes végétales qui traversent mon travail apparaissent comme des signes de persistance. Dans un monde traversé par les bouleversements écologiques, la nature fait de la résistance. Elle nous adresse un signal d'alarme autant qu'elle continue d'offrir des espaces de beauté et de renouvellement. Elle parle autant à notre raison qu'à nos sens
J'habite cet écart. Entre fragilité et vitalité, entre ce qui disparaît et ce qui persiste. C'est dans cet espace de tension que mon travail prend forme. Je cherche à y réactiver l'enchantement, non comme une échappée du réel, mais comme une manière renouvelée d'être attentif au vivant
La couleur, la trace et le geste participent à cette écriture. Ils portent la mémoire du corps en mouvement, la spontanéité d'une intention, la persistance d'une émotion. Je cherche moins à représenter un lieu qu'à faire surgir une sensation, une expérience de présence
À travers ces œuvres, je vous invite à prendre le temps de s'arrêter, de contempler, d'habiter cet espace d'écart. Comme face à un paysage immense, il s'agit peut-être simplement d'accueillir ce qui se révèle en soi lorsque le regard se laisse traverser par le monde
