© www.tourisme-lot.com | © Karine Isserte

Musée Champollion de Figeac

mille signes vous contemplent...

Le musée Champollion – Les Écritures du Monde est un musée français, situé sur la commune de Figeac, dans le département du Lot, en région Occitanie. Avant tout dédié au figeacois Jean-François Champollion, le célèbre déchiffreur des hiéroglyphes, il aborde aussi la formidable aventure de l’écriture à travers le monde et les époques, ce qui le rend unique en Europe.

Un soupçon de modernité, une subtile pointe de mystère, une exquise touche d’orientalisme, le tout dans un authentique écrin médiéval… En plein centre-ville de Figeac, le musée Champollion – Les Écritures du Monde est atypique, d’autant que son sujet interpelle, en ce lieu qui respire le Moyen Âge. Or, contre toute attente, la paisible bourgade lotoise vous convie magistralement à traverser la Méditerranée, pour remonter le Nil, ressentir la magie des pharaons, et percer l’énigme des hiéroglyphes égyptiens, avant de mettre le cap vers des contrées encore plus lointaines, à la seule force de l’écriture et de la lecture ! Car oui, il faut vous y préparer, ici, il y a beaucoup à lire ! Mais rien que pour le plaisir car, si traduction il y avait besoin, quelques savants hommes s’en sont chargés, à commencer par ce génial Champollion, dont Figeac est si fière…

« La lumière des siècles à venir »

une appétissante entrée en matière

« Je tiens mon affaire ! » … Nous sommes en 1822, et l’incroyable ténacité de Jean-François Champollion vient de payer ! Le jeune surdoué exulte, avant de s’effondrer, harassé de fatigue et d’émotion, sous le choc d’avoir enfin atteint son but : trouver la clé pour traduire les hiéroglyphes. Il vient de rentrer à jamais dans l’Histoire ! Or, troublante coïncidence, juste avant sa naissance en 1790, à Figeac, un devin aurait prédit à ses heureux parents qu’il serait « la lumière des siècles à venir »…

De fait, il fallait bien un musée pour « déchiffrer » le destin de ce personnage singulier, qui a ouvert la voie à une nouvelle discipline scientifique, l’égyptologie. Et comme c’est à Figeac que ce petit génie a fait ses premières gammes, c’est naturellement sa maison natale, d’ailleurs labellisée « Maison des illustres », qui a été choisie pour lui rendre hommage…

Un musée qui a fière allure !

La demeure est située place Champollion, à l’angle de la rue des Frères Champollion, face au café Champollion, et à deux pas de la fameuse place des Écritures, où l’artiste Joseph Kosuth a posé sa monumentale effigie de la célèbre pierre de Rosette, en souvenir de… Champollion ! Évidemment ! Vous l’aurez compris, Figeac a véritablement son enfant du pays dans le cœur, et pour lui, elle est allée jusqu’à créer un lieu unique qui, dès le premier regard, semble déjà vouloir brouiller les pistes pour qu’on ne puisse pas le « décoder » trop facilement…

C’est donc une solide bâtisse qui se dresse, et que l’on devine moyenâgeuse, comme la plupart de ses honorables voisines, tout en pierre de taille, et élégantes arcades. Pour parfaire l’ambiance, elle est même rehaussée d’un typique « soleilho », cette galerie ouverte qui servait de grenier, et depuis laquelle vous pouvez désormais profiter d’une vue imprenable sur les collines alentours, et les ruelles tortueuses du quartier historique.

Et puis il y a cette mystérieuse double façade… Plus tard, en arpentant le musée, vous comprendrez qu’elle est composée d’un décor de cuivre et de verre, gravé d’une multitude de signes, 1000 au total, issus des différentes écritures connues dans le monde. L’effet visuel de cette « façade aux mille lettres » est étonnant, surtout à la nuit tombée, quand tout l’édifice s’habille d’une chaude couleur mordoré, faisant ressortir ses ouvertures, qui prennent alors de faux airs de moucharabiehs. Pas de doute, on vous invite au voyage…

Dans les pas de Champollion

Dès l’entrée, le ton est donné, avec l’impression de pénétrer dans un tombeau égyptien. Sous les lumières tamisées, Champollion se dévoile à vous. Tout le rez-de-chaussée lui est consacré, savamment mis en scène pour suivre son imparable cheminement intellectuel, et comprendre comment il a pu réussir, là où tous les plus grands ont échoué. Objets et témoignages émouvants se succèdent : des croquis du savant, des lettres passionnées, rédigées à l’occasion de son unique voyage en Égypte, une copie de la précieuse pierre de Rosette, sans laquelle rien n’aurait été possible, et par-dessus tout, son carnet personnel, détaillant sa brillante démarche d’analyse.

Quant aux hiéroglyphes, ils sont partout !

Mais s’il ne fait aucun doute que Champollion avait une passion dévorante pour ces « sculptures sacrées », il n’a pas pour autant boudé les autres écritures, bien au contraire, puisque pour parvenir à ses fins, il s’est nourri d’elles. Latin, grec, hébreu, arabe, démotique, chaldéen, syriaque, copte, etc. Toutes le passionnaient, et ce sont elles que le musée a aussi choisi de mettre à l’honneur…

En route pour un incroyable voyage

de 5300 ans

Première écriture cunéiforme mésopotamienne, glyphes mayas, caractères chinois, phéniciens, étrusques… Les étages du musée vous emportent vers une kyrielle d’univers graphiques. Au fil de la déambulation, la passionnante histoire de l’écriture déroule ses 5300 ans d’existence, au travers d’une exceptionnelle collection de centaines d’objets d’hier et d’aujourd’hui.

Étonnamment, vous vous surprendrez à ne pas voir le temps passer, de même que les plus jeunes en âge de lire qui, en plus, n’auront aucun mal à appréhender le sujet, grâce aux animations et aux nombreux supports ludiques qui leur sont proposés. Rapidement, vous vous laisserez prendre à ce captivant jeu des écritures, et comprendrez que si les symboles et les façons de les retranscrire ont évolué, le besoin de laisser une trace est resté intact, quelle que soit la civilisation.

Pourtant, parfois, il a pu arriver que le code se perde, menaçant d’entraîner dans l’oubli des mœurs, des rites, des savoirs uniques… Et c’est justement l’impensable destin que l’Égypte a bien failli connaître, si la conjonction Champollion et pierre de Rosette ne s’était pas miraculeusement produite ! Probablement qu’aujourd’hui, Toutânkhamon et Néfertiti ne seraient pour nous que de parfaits inconnus… Heureusement, il n’en est rien, et d’une certaine manière, c’est un peu à la ville de Figeac qu’on le doit ! Et qui sait, peut-être suscitera-t-elle d’autres vocations à force de si bien mettre en lumière les prouesses de son cher Champollion ? Alors sûrement est-il temps de vous faire une confidence : sachez que quelques écritures rares attendent toujours désespérément que l’on « craque » leur code, comme l’énigmatique Rongorongo de l’Île de Pâques. Si vous vous sentez l’âme d’un déchiffreur, il y a donc encore matière à marquer la postérité…

fr
Nos suggestions