L'origine de Martel

Bâtie sur le causse qui porte son nom, Martel est l'une des rares villes qui ne doive pas son existence à un castrum ou une fondation religieuse. Elle est née d’une convergence de routes, un axe Nord-Sud, l’antique voie gallo-romaine reliant Paris au midi de la France, croisant un axe Ouest-Est, de Bordeaux vers Aurillac, route du sel vers l’Auvergne. Sa position géographique, à proximité de la Dordogne et d’un port au sel où les gabariers déchargeaient le précieux sel de l’Atlantique et le vin d’Aquitaine, et de la route du pèlerinage vers Rocamadour, en ont rapidement fait une cité carrefour prospère. 

Cette situation privilégiée fait de Martel une riche cité marchande dès le début du XIIe siècle. En atteste l’existence d’une maison « hors les murs » destinée aux frères de l’abbaye d’Obazine, aménagée pour l’achat et la vente des marchandises. 

Martel au Moyen-Age

Martel est une ville « neuve » créée entre le XIe et le milieu du XIIe siècle, fondée par les Vicomtes de Turenne et sans lien avec Charles Martel, contrairement à ce que raconte la légende.
Elle fut durant plus de cinq siècles la capitale de la partie quercynoise de la Vicomté de Turenne. En 1219, le vicomte de Turenne, Raymond IV, octroie à Martel une charte la reconnaissant comme ville libre, l'exemptant d'impôts vis-à-vis du roi et lui octroyant le droit de frapper monnaie. C'est le début du formidable développement de la cité.

Le blason de Martel représente 3 marteaux (en patois martel se traduit par marteau). Ces marteaux sont l’emblème de trois corps de métiers qui les utilisent : forgeron, charpentier et maçon. On peut en déduire qu’il y avait certainement une forte corporation de ces artisans à la naissance de la ville.
La ville était autrefois fortifiée par une double enceinte. La première remonte au XIIe siècle et enferme le quartier marchand, le quartier religieux et le fort. La deuxième fut construite au XIVe, au début de la guerre de Cent Ans, pour protéger les Barris, ou faubourgs, peuplés d’artisans, paysans et aubergiste.

L’Ordre des Cordeliers s’implante dans la cité au XIVe siècle avec la construction d’un couvent en bordure nord de la deuxième enceinte. Fermé en 1790, ce bâtiment fut investi par la gendarmerie nationale au XIXe siècle.

La truffe à l'origine d'un nouvel essor

Durant la guerre de Cent Ans la cité ne fut jamais prise militairement, seul le traité de Bretigny la livra aux Anglais en 1360. Du Guesclin la délivra en 1374. Des boulevards – fossés des Cordeliers et fossés du Capitani – marquent l’emplacement des anciens remparts.
La qualité et la taille des maisons bourgeoises et hôtels particuliers des XIVe et XVe siècles tendent à prouver que l’âge d’or de Martel se situe à cette période, et l’absence d’éléments remarquables du XVIe à la fin du XVIIIe siècle font penser que Martel « s’endort » jusqu’au XIXe siècle.
L’accueil et l’approvisionnement de l’armée royale d’Henri IV appauvrira la cité qui mettra plusieurs années à se remettre de ces dépenses. C’est aussi à partir du XVIe siècle que de nouveaux axes de commerce se développent, et que Martel perd de son intérêt.

La Vicomté de Turenne est vendue à Louis XV en 1738 par Charles-Godefroy de la Tour d’Auvergne pour honorer ses dettes de jeu ; Martel perd son autonomie, les Martelais sont contraints à l’impôt…

Lors de la Révolution la sénéchaussée sera supprimée, privant une grande partie de la bourgeoisie de ses revenus. 
C’est le commerce de la truffe qui permettra à Martel de rebondir à partir du XIXe siècle, comme en témoignent le grand nombre de belles maisons de cette époque en lisière du centre médiéval. 

La légende du fils rebelle
Couronnement Henri le Jeune

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La légende du fils rebelle, héritier de la couronne d'Angleterre, mort à Martel en 1183

@ Dominique Viet
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