La nuit du cœur. « Capturer l’essence d’une œuvre dont la raison d’être n’est qu’émotion et dont le but n’est pas de plaire, mais d’accéder à un lien primaire. Celui qui nous lie aveuglément à tous ceux et à tout ce qui nous entoure. Une empreinte d’histoire, non pas de guerres, de conquêtes ou de religions, mais d’une histoire bien plus universelle et à laquelle la spiritualité propose d’accéder. Telle est la quête de ce spectacle, dont le programme rend hommage à des créations motivées par l’instinct et la libre expression. Il propose un voyage méditatif, une traversée dans le temps et d’en retrouver, en soi, les marques héritées, innées.
En 3 temps, j’invite l’auditeur à traverser une expérience d’écoute de 3 différentes temporalités de répertoires qui puisent dans un immense patrimoine musical imaginaire : les premières notations médiévales (XIe-XIIe) coïncidant avec la fondation de Conques, les riches polyphonies de la Renaissance et enfin le XXe siècle qui a cherché, dans un mouvement de libération du langage, une certaine synthèse esthétique de ces répertoires du passé. Enfin, le tout s’articule autour d’une œuvre centrale et génératrice, il s’agit de la Messe pour double chœur de Frank Martin, que j’inscris volontairement dans un contexte pour lequel elle n’a pas été écrite au départ, mais qui selon moi lui donne un tout autre visage ici, et une force inattendue. »
Simon-Pierre Bestion
