© Malika Turin

Des vacances "verd"

à l'occitane

Au détour de la rivière Dordogne, je me laisse guider par un sentier de randonnée qui semble murmurer mon nom… J’ai l’impression de ne faire qu’un avec la nature, dans cet écosystème si fragile et pourtant indispensable. Je trouve mon équilibre, et je me laisse guider par mes sensations.

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Marie Barrière

Jour 1 : les cascades de Murel, balade en gabarre et cabane perchée

La première étape indispensable pour une randonnée réussie : préparer avec soin le pique-nique du midi ! “Après l’effort, le réconfort” : c’est ma maxime préférée, surtout quand je découvre les savoureux étals du marché. En suivant les conseils des producteurs qui “tchapent” avec moi, je choisis avec soin les produits de saisons, gorgés de soleil et cueillis avec amour par ces mains qui me tendent mon panier. On me souffle à l’oreille que les cascades de Murel seraient l’endroit parfait pour profiter de ce repas de roi, et je souris : décidément, je suis sur la même longueur d’ondes que les spécialistes locaux !

Tchaper : discuter

À l’ombre des arbres, je prends le temps d’observer la nature qui m’entoure. La vie qui s’agite dans les sous-bois, le soleil qui joue à cache-cache, le calme qui semble imprégner toute chose à proximité de la Dordogne… Ça sent la fraise, les champignons, le chèvrefeuille et les roses : qui a dit qu’il fallait partir au bout du monde pour déconnecter de son quotidien et apprécier l’instant présent ? Il n’est manifestement jamais venu en Vallée de la Dordogne.

Je crois entendre le bruit de l’eau qui se précise au fil de mes pas, et je m’approche sans un bruit : les cascades se dévoilent devant mes yeux ébahis. J’aperçois tout d’abord une petite chute d’eau, avant d’arriver à la plus impressionnante des 3 cascades. Et si j’en profitais pour me rafraîchir les orteils ? Je longe la Franche Valeine pour trouver mon petit coin de paradis rien qu’à moi.

Je crois que je pourrais rester toute une vie sur ces petits ponts de bois qui enjambent le ruisseau, à admirer tout ce petit monde secret qui m’observe discrètement derrière les feuillages : oiseaux, insectes, et peut-être une créature légendaire aux yeux d’or ? Plus rien ne m’étonne par ici, il y a comme un petit parfum de magie qui règne sur les lieux ! Sitôt ma salade du Périgord aux cèpes et au cabécou engloutie (vous vous souvenez : l’effort ça creuse !), je dis au revoir à la cascade en faisant trempette, et en lui promettant de revenir très vite. À ben lèu, ou à bientôt pour ceux qui ne parlent pas (encore) occitan !

Qui a dit qu’il fallait partir au bout du monde pour déconnecter de son quotidien et apprécier l’instant présent ?

La Vallée de la Dordogne, Réserve Mondiale de Biosphère Unesco

Les réserves sont des lieux d’apprentissage et d’expérimentation du développement durable. Ce sont aussi des territoire engagé pour la préservation des paysages, des écosystèmes et des espèces, dans lesquels on a su conserver un équilibre entre la nature et les activités humaines

La prochaine étape pour cette belle journée sous le signe du respect de la nature : une balade en gabare ! Mais pas n’importe laquelle… Hugo nous conte des histoires comme personne, avec son accent et son énergie il pourrait presque déplacer des montagnes. L’histoire des gabariers, celle de la Dordogne qui donne vie aux falaises et aux galets, je suis suspendue à ses lèvres et je vis chaque mot comme si j’y étais. On ne pourrait rêver mieux comme théâtre : les pentes boisées, le silence de la nature qui laisse toute leur place aux talents d’orateur d’Hugo et le doux ronronnement du moteur, le reflet des arbres dans l’eau…

Je me prends pour un gabarier des temps anciens et je laisse mon esprit dériver en suivant la surface de l’eau. La lumière de la fin de journée nimbe la scène d’une aura d’or, et j’immortalise ce moment dans mon esprit pour les jours de pluie quand je serai de retour chez moi. Je sais que ce souvenir m’apportera la chaleur nécessaire pour affronter les journées sombres !

C’est maintenant l’heure de se reposer après toutes ces émotions, de faire défiler le fil de la journée dans ma tête pour ne pas perdre une seule miette de ce bonheur précieux et éphémère. Le tout dans un cadre d’exception et éco-responsable : la cabane du soleil à La ferme des Histoires mélangées (pour rester dans la thématique) où je suis accueillie par le sourire de Marc et Annie. J’ai presque l’impression d’être dans un mélange des Artistochats et d’Alice au Pays des Merveilles ! Ici, on s’éclaire à la bougie et on prend le temps d’écouter le chant des oiseaux et le bruissement des feuilles dans les arbres depuis la terrasse. À l’orée du bois, comme seule au monde, je me fais la promesse de désormais prendre le temps avant de sombrer dans des rêves parsemés de forêts immenses et de rivières étincelantes.

La ferme des histoires mélangées

Jour 2 :  Tours de Merle et Jardins de Sothys

Le soleil se lève, et je l’accompagne en savourant un copieux petit-déjeuner : oeufs du poulailler, confiture et yaourts maison me rappellent la générosité de Dame Nature et l’importance d’en prendre soin.Ne faire qu’un avec ce qui nous entoure, pour en apprécier pleinement la beauté !

Marc, Annie et leur joie de vivre me donnent le petit coup de pouce nécessaire pour m’arracher à ce lieu d’exception et continuer mon escapade verte. Je note soigneusement leurs conseils, et je pars en direction des Tours de Merle. Au milieu de la nature, perchée sur un éperon rocheux cette citadelle est un vrai bijou du patrimoine occitan !

Je lève les yeux et soudain j’aperçois… Un milan royal ! Je mesure ma chance de pouvoir côtoyer cette espèce menacée dans cet écrin de nature, avant de faire un tour à l’aire de nourrissage à proximité pour en apprendre plus sur ce majestueux rapace sans pour autant le déranger.

Les Tours de Merle

Le ciel est bleu, la vue dégagée jusqu’aux monts du Cantal : je pourrais presque les toucher en tendant la main… Je ferme les yeux pour mieux ressentir la caresse du soleil sur ma peau, avant de me remettre en route. Direction : les jardins de Sothys !

Sur place, je m’attarde longuement dans le jardin botanique, pour une petite pause fraîcheur. Je flâne lentement entre les allées et me retrouve au bord d’un lac. Ni une ni deux, je dépose mes affaires à l’ombre et je me laisse glisser dans l’onde rafraîchissante. Je fais la planche, les yeux fermés, j’inspire l’odeur de la bruyère… Le temps n’a plus d’emprise sur moi et je profite de chaque seconde de cet instant magique. Peut-être que demain ce sera une journée baignade ? J’ai hâte.

Les Jardins de Sothys

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