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Rencontre au moulin de Cougnaguet

J’ai un petit secret à avouer : j’ai toujours rêvé de savourer un gâteau uniquement avec des produits que j’aurais confectionnés. Le plaisir de croquer dans un fruit mûri par le soleil, la fierté de se nourrir par ses propres moyens, la beauté d’un dessert préparé avec soin…  Faire pousser des fraises sur mon petit balcon citadin et emprunter des oeufs aux poules de ma voisine (avec leur accord), c’était la première étape mais le plus compliqué restait pour moi la base de tout : la farine. Enfin, c’est ce que je croyais jusqu’à ce que je rencontre Hubert…

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Marie Barrière

Un étonnant voyage au coeur du savoir-faire local

C’est au moulin à eau de Cougnaguet que j’ai rendez-vous aujourd’hui, à Calès sur les rives de l’Ouysse. La route en elle-même est une véritable aventure : je quitte Rocamadour, mon petit nid douillet pour ces vacances, par L’Hospitalet et je m’engage sur la route sinueuse. Je quitte mes denses forêts verdoyantes pour un paysage aride, on se croirait presque en Andalousie !

Décidément, la Vallée de la Dordogne n’a pas fini de m’étonner… J’ai l’impression de parcourir le globe au coeur d’une même destination, entre balade en canoë et découverte de ruelles médiévales.

Un virage, un petit pont qui traverse l’Ouysse : ça y est, on arrive au moulin. Je sens l’excitation me gagner comme quand j’étais petite fille et que j’allais dans un parc d’attractions avec mes parents, est-ce que je vais enfin percer les secrets que je cherche depuis des années dans ce lieu Classé Monument Historique depuis 1925 ? Un chemin de terre, une prairie nichée entre 2 collines, je prends le temps de capturer les moindres détails de cet endroit hors du temps. Je m’imprègne des odeurs, des sons et la rivière me guide à bon port.

Une fois le pied posé à terre, je vais dire bonjour à l’Ouysse qui m’a menée jusqu’ici : elle est aussi fraîche que les profondeurs de la Terre qu’elle traverse avant d’arriver à la surface ! Même en plein été, elle offre un réconfort bienvenue aux promeneurs et visiteurs du moulin. On dirait presque qu’elle transmet son énergie à ceux qui prennent le temps d’apprivoiser l’onde bienveillante !

Le moulin de Cougnaguet

C’est le sourire d’Hubert Faure qui m’accueille avec un “eh bonjour !” retentissant.

Au fond de cette vallée aride, c’est le sourire d’Hubert Faure qui m’accueille avec un “eh bonjour !” retentissant. Toute la force de la création réside dans la voix de cet homme, et son accent occitan mêlé de patois local. Cette force, il la tire aussi de son moulin et sa passion pour l’artisanat local : ce moulin qui produit près de 3 tonnes de farine chaque jour et fait la fierté de ses propriétaires. Je me concentre pour ne pas perdre une miette de son récit, et sa joie de vivre me gagne petit à petit : il va falloir que je m’achète un dictionnaire occitan, pour moi aussi laisser rouler les syllabes sur ma langue et teinter mes phrases de soleil.

Hubert nous explique le fonctionnement de cet authentique moulin à farine qui continue tranquillement son oeuvre sous nos yeux et je suis ébahie de voir se créer ce qui deviendra une aide précieuse pour beaucoup de cuisines.

Quand il me demande si on souhaite emporter un peu de farine, mes yeux s’illuminent et je réponds avec ferveur un grand “òc” tandis qu’il éclate de rire. Je crois que mon accent occitan n’est pas si mal… Après une dégustation de noix du Périgord et un petit verre d’eau de vie pour parfaire cette expérience culinaire, il est temps de dire au revoir à Hubert et son incroyable moulin.

Peut-être qu’au retour j’irai chercher un peu de beurre chez le fromager du coin pour commencer mes expérimentations maison pour une parfaite tarte aux fraises ?

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